Publié le 15 mars 2024

Contrairement au mythe, votre son unique ne s’achète pas avec un bec vintage ou une anche « magique ». Il se sculpte en alignant votre morphologie, votre intention expressive et un setup adapté. Cet article déconstruit les idées reçues sur le matériel et vous donne les clés techniques et mentales pour passer de l’imitation à l’expression personnelle, et enfin trouver votre véritable signature sonore.

On est tous passés par là. On écoute en boucle les chorus de Coltrane, de Cannonball ou de Getz, et on se précipite pour acheter le même bec, la même marque d’anches, en espérant qu’une étincelle de leur génie rejaillisse sur nous. Le résultat ? On finit par sonner, au mieux, comme une copie passable. La frustration s’installe : comment ces maîtres ont-ils forgé un son si reconnaissable dès la première note, alors que le nôtre reste désespérément générique ? On nous répète de « pratiquer nos gammes » et « d’écouter les grands », des conseils certes utiles, mais qui ne répondent pas à cette quête d’identité profonde.

La plupart des guides se concentrent sur le matériel comme une fin en soi, créant des dogmes autour de certaines combinaisons. On entend partout qu’il faut un bec ouvert et une anche faible pour le jazz, ou qu’investir dans une ligature hors de prix va transformer notre timbre. Ces approches oublient l’essentiel : le son est une extension du corps. Votre cavité buccale, votre colonne d’air, votre manière de concevoir la musique sont des paramètres uniques que le matériel doit servir, et non l’inverse. Et si la véritable clé n’était pas de trouver le *bon setup*, mais de comprendre l’interaction intime entre votre corps, votre intention et le matériel pour *sculpter votre signature sonore* ?

Cet article n’est pas une nouvelle liste de courses. C’est une feuille de route pour vous réapproprier votre son. Nous allons déconstruire les mythes, explorer les techniques qui viennent du corps et non de l’équipement, et vous donner une méthode pour passer du statut d’imitateur à celui de créateur. Ensemble, nous allons transformer votre instrument en un véritable prolongement de votre voix intérieure.

Cet article est structuré pour vous guider pas à pas dans cette exploration. Nous commencerons par l’interface fondamentale entre vous et l’instrument, pour ensuite plonger dans les techniques corporelles et mentales qui feront toute la différence.

Bec ouvert et anche faible ou l’inverse : quelle combinaison pour le jazz ?

Le débat « bec ouvert / anche faible » contre « bec fermé / anche forte » est un grand classique, et c’est souvent la première porte d’entrée dans la personnalisation du son. Mais la question est mal posée. Il n’y a pas de combinaison « gagnante » pour le jazz. La vraie question est : quelle combinaison est adaptée à votre morphologie et à votre intention expressive ? Un saxophoniste avec une petite cavité buccale aura toutes les peines du monde à contrôler un bec très ouvert, peu importe la force de l’anche. Il dépensera une énergie folle juste pour maintenir la justesse, au détriment de la musicalité.

L’idée est de trouver une résistance qui vous permette de pousser l’air avec soutien, sans vous épuiser ni avoir l’impression de souffler dans le vide. Le son doit se sentir « porté » par la colonne d’air. Le meilleur moyen de trouver votre point de départ est l’expérimentation méthodique. Oubliez les setups de vos idoles pour un temps et concentrez-vous sur vos propres sensations. Un bec qui vous semble confortable vous permettra de vous focaliser sur l’essentiel : la musique.

Étude de cas : Le parcours de personnalisation d’un saxophoniste amateur

Un saxophoniste amateur français partageait son expérience avec un Selmer Réf36 et un bec Brancher. Frustré de ne pas trouver « son » son, il a consulté un artisan « refacer » local. Cette personnalisation a transformé son approche. L’artisan a adapté l’ouverture et la table du bec non pas à un standard, mais aux sensations du musicien. Cela illustre l’importance de sortir du syndrome de l’imitateur en créant son propre setup plutôt que de simplement copier celui des grands noms.

Commencez par tester trois ouvertures de bec différentes (par exemple, 6, 7 et 8 pour un Meyer) avec la même anche (une force 2,5 ou 3, comme les anches françaises Vandoren ou Marca). Notez vos sensations : confort, facilité d’émission, richesse du timbre dans les différents registres. Une fois une ouverture confortable identifiée, variez la force de l’anche. Vous cherchez le point d’équilibre parfait entre contrôle et liberté vibratoire.

Cuir ou Métal : l’impact réel de la ligature sur la vibration de l’anche

Après le bec et l’anche, la ligature est le troisième élément du Saint Graal matériel. On entend tout et son contraire : le métal rendrait le son plus brillant et centré, tandis que le cuir l’arrondirait et l’assombrirait. Des ligatures plaquées or promettent une projection digne d’une salle de concert, même dans votre salon. Soyons clairs : si la ligature a un rôle (maintenir l’anche sur le bec), son impact sur le timbre est souvent surestimé, surtout comparé à l’influence de l’embouchure ou de la colonne d’air.

Une expérience menée avec des ligatures de la marque française BG a d’ailleurs démontré que la différence perceptible entre cuir et métal reste marginale pour une majorité d’auditeurs lors de tests à l’aveugle. Le choix relève bien plus souvent du confort de jeu et des habitudes du musicien que d’une réelle différence acoustique mesurable. Une ligature en cuir, plus souple, peut « pardonner » une anche légèrement vrillée, tandis qu’une ligature en métal, par son contact plus rigide, peut offrir une sensation de réponse plus immédiate.

Avant de dépenser une somme considérable dans une nouvelle ligature, posez-vous la bonne question. Est-ce que votre ligature actuelle vous gêne ? Est-elle difficile à mettre en place ? Si la réponse est non, votre argent sera probablement mieux investi dans des anches de qualité ou dans quelques cours pour travailler votre colonne d’air. Pour un musicien qui joue dans des contextes variés, comme des concerts en MJC ou des bœufs dans des bars, la fiabilité et la simplicité d’une bonne ligature standard sont souvent plus précieuses que le prestige d’un modèle onéreux.

Le véritable impact vient de la façon dont l’anche vibre librement. Assurez-vous simplement que votre ligature actuelle maintient l’anche fermement sans la contraindre. C’est 90% du travail. Le reste, c’est de la littérature pour forums spécialisés.

Comment changer radicalement de timbre juste en changeant l’angle d’attaque ?

Nous avons déconstruit le mythe du matériel. Passons maintenant à ce qui change réellement la donne : votre corps. Et l’un des paramètres les plus puissants, et pourtant souvent ignoré, est l’angle avec lequel le saxophone entre dans votre bouche. Un changement de quelques degrés peut transformer un son droit et classique en un timbre large et velouté, typique du jazz. Beaucoup de saxophonistes, surtout ceux issus d’une formation classique, adoptent un angle très droit, presque perpendiculaire au corps. C’est une posture héritée de la clarinette qui favorise un son pur et centré.

Pour le jazz, cette posture peut manquer de chaleur et de souplesse. En abaissant l’instrument, donc en augmentant l’angle d’attaque, vous modifiez la pression de la lèvre inférieure sur l’anche et la manière dont l’air entre dans le bec. Cela permet à l’anche de vibrer plus amplement, générant plus d’harmoniques graves et donnant ce son « dark » et chaud si recherché. Comme l’explique un expert du saxophone français, l’angle d’attaque traditionnel de l’école classique a dû évoluer pour s’adapter aux exigences expressives du jazz.

Un excellent exercice pour explorer ce paramètre est celui du « cadran d’horloge ». Imaginez votre posture standard comme étant la position 12h.

  1. Position 12h : Angle très droit, typique de l’école classique française. Le son est clair, pur, très centré.
  2. Position 1h : Inclinez légèrement l’instrument vers le bas. Vous devriez sentir le son s’élargir un peu, avec un peu plus de corps. C’est le début du « jazz tone ».
  3. Position 2h : C’est souvent l’angle standard pour le jazz. Le son devient chaud, velouté, idéal pour les ballades. La sensation dans l’embouchure est plus souple.
  4. Position 3h : Un angle plus extrême, utilisé pour des sons très « dark », typiques du free jazz ou de certains styles de R&B.

Jouez une phrase simple, comme une gamme de blues, en passant lentement d’une position à l’autre. L’objectif n’est pas de trouver une position « correcte », mais de prendre conscience de la palette de couleurs sonores que vous pouvez créer avec ce simple ajustement physique.

Mix voice : la technique pour gommer le passage entre vos registres

Un autre marqueur d’un son maîtrisé est la capacité à passer du registre grave à l’aigu (et inversement) sans « cassure » de timbre. Cette cassure, souvent audible autour du Do# médium, trahit une discontinuité dans le soutien de la colonne d’air. La solution vient d’une technique empruntée au chant lyrique : la « voix mixte » ou « mix voice ». L’idée est de ne plus penser en termes de « notes graves » et « notes aiguës », mais de visualiser un flux d’air continu et homogène, comme le jet d’une lance à incendie.

Au lieu de relâcher la pression pour les notes graves et de pincer pour les notes aiguës, vous devez maintenir une pression abdominale constante et ajuster la forme de votre gorge et de votre bouche (le « voicing ») pour diriger l’air. C’est ce contrôle de la respiration qui permet aux saxophonistes de développer une endurance et une homogénéité sonore remarquables. Certaines techniques avancées comme la respiration circulaire ne sont possibles que grâce à ce contrôle de la respiration exceptionnel, développé sur des années.

L’exercice le plus efficace pour développer cette sensation est le « sirenage », adapté du chant :

  1. Commencez sans l’instrument. Chantez un « aaaah » sur une note confortable, puis faites un glissando lent vers votre note la plus aiguë, puis redescendez. Concentrez-vous sur la fluidité du passage.
  2. Prenez votre saxophone. Jouez une note grave (ex: Si grave) et essayez de reproduire la même sensation de glissando, en montant chromatiquement le plus lentement possible.
  3. Le point crucial est le passage Do# / Ré médium. Ne changez rien dans votre soutien abdominal. Visualisez l’air qui continue de monter, comme si la note suivante était une conséquence naturelle de la précédente.
  4. Pratiquez cet exercice 5 minutes chaque jour. Au début, le passage sera peut-être encore audible, mais avec le temps, il deviendra imperceptible.

Cette technique ne lisse pas seulement le passage entre les registres ; elle rend votre son global beaucoup plus riche et plein, car chaque note est nourrie par une colonne d’air stable et puissante.

Comment faire « crier » son saxophone sans abîmer sa gorge ?

Le « growl » (ou grognement) est l’un des effets les plus emblématiques du saxophone jazz et R&B. C’est cette texture rocailleuse qui donne un côté « sale » et expressif au son. Beaucoup de débutants essaient de l’obtenir en forçant avec la gorge, ce qui est non seulement inefficace, mais aussi dangereux pour les cordes vocales. La vérité, c’est que le growl est une technique de superposition sonore, pas un cri.

Le principe est simple : tout en jouant une note normalement avec votre colonne d’air instrumentale, vous devez simultanément produire un son avec vos cordes vocales, comme un fredonnement ou un léger grognement. Les deux vibrations (celle de l’anche et celle de vos cordes vocales) interfèrent et créent cette texture riche et granuleuse. La clé est le soutien abdominal. La puissance ne vient pas de la gorge, mais du diaphragme, qui doit pousser un flux d’air constant pour soutenir les deux productions sonores à la fois.

Coupe anatomique montrant la technique du growl au saxophone avec focus sur la colonne d'air

Comme le montre cette illustration, le secret réside dans le contrôle de la colonne d’air qui part des poumons, et non dans une contraction de la gorge. Pour maîtriser le growl sans fatigue, il faut y aller progressivement :

  • Semaine 1 : Pratiquez simplement le fredonnement (humming) en jouant des notes longues et tenues. L’objectif est de dissocier les deux actions.
  • Semaine 2 : Transformez le humming en un léger grognement, mais uniquement sur les notes du registre grave, là où c’est le plus facile. Ne forcez jamais.
  • Semaine 3 : Intégrez le growl sur des phrases courtes, en l’utilisant comme un accent en fin de phrase plutôt que sur toute la longueur.
  • Semaine 4 : Travaillez l’alternance. Jouez une phrase sans growl, puis répétez-la avec. Cela développe le contrôle musculaire et la capacité à « allumer » et « éteindre » l’effet à volonté.

Le growl, comme tout effet, est un outil d’expression. Moins vous l’utilisez, plus il a d’impact. Le maîtriser, c’est savoir le placer au bon moment pour décupler l’émotion d’une phrase.

Les doigtés factices : comment dépasser le Fa aigu standard ?

Atteindre le registre suraigu (altissimo) est souvent perçu comme le summum de la virtuosité technique au saxophone. C’est un territoire où le son devient plus sauvage, plus perçant, et où l’instrument est poussé dans ses derniers retranchements. Contrairement aux registres standards, il n’y a pas de doigtés universels pour ces notes. Ce sont des harmoniques que l’on va chercher en utilisant des combinaisons de clés spécifiques, appelées « doigtés factices ».

Le problème est que ces doigtés varient énormément d’un modèle de saxophone à un autre, et même d’un musicien à un autre. Copier-coller un tableau de doigtés trouvé sur internet mène souvent à la frustration. Votre morphologie, votre bec et votre anche influencent la manière dont ces harmoniques vont « sortir ». La clé est d’utiliser ces tableaux comme un point de départ, puis d’expérimenter pour trouver ce qui fonctionne pour votre setup personnel.

Le travail du « voicing » (la forme de votre gorge et de votre langue) est aussi important que les doigtés. Pour atteindre un Sol aigu, par exemple, vous devez « penser » cette note dans votre tête avant même de la jouer. La position de votre langue doit s’approcher de celle que vous utilisez pour prononcer la voyelle « i », afin de réduire la cavité buccale et d’accélérer le flux d’air.

Pour vous donner une idée des variations, voici une comparaison de certains doigtés d’altissimo sur des modèles courants. Cela montre bien qu’il n’y a pas de vérité unique.

Comparaison des doigtés d’altissimo selon les modèles de saxophone
Note Selmer Mark VI Selmer Série III Yamaha Custom
Sol# aigu Front F + side C Front F + side Bb Palm D + side C
La aigu Palm D + E + F Palm D + E + side C Palm D + E + F + side Bb
Sib aigu Complexe (6 clés) Simplifié (4 clés) Standard (5 clés)

Plutôt que de chercher à maîtriser toutes les notes suraiguës d’un coup, concentrez-vous sur une seule, par exemple le Sol. Une fois que vous la sortez de manière stable, passez à la suivante. C’est un travail de patience et d’exploration, la quintessence de la sculpture sonore.

À retenir

  • Votre setup (bec/anche) doit être une extension confortable de votre morphologie, pas la copie d’une mode.
  • Les techniques expressives comme le growl ou le subtone proviennent du contrôle de la colonne d’air et du « voicing », pas de la force brute.
  • La vraie signature sonore émerge quand on se libère de l’obsession de la perfection technique pour explorer sa propre musicalité.

Selmer Mark VI ou Yamaha Custom : faut-il sacrifier le confort pour le son vintage ?

Le Selmer Mark VI. Aucun autre saxophone n’est entouré d’une telle aura mystique. C’est l’instrument de John Coltrane, de Sonny Rollins… La liste est infinie. Pour beaucoup, posséder un Mark VI est la promesse d’accéder à ce son vintage, chaud et complexe. Cette quête peut cependant devenir un piège. Les instruments modernes, comme les Yamaha Custom, offrent une ergonomie, une justesse et une homogénéité que les saxophones vintage peuvent difficilement égaler. Faut-il alors sacrifier le confort de jeu moderne au nom d’un son mythique ?

Le « son Mark VI » n’est pas seulement dû à l’instrument. Il est le fruit d’une époque : des anches et des becs différents, des techniques d’enregistrement spécifiques, et surtout, des musiciens qui ont dû « lutter » avec une ergonomie parfois difficile pour en tirer le meilleur. Tenter de reproduire ce son sur un instrument moderne est une quête vaine. C’est comme vouloir peindre comme Rembrandt avec des peintures acryliques.

Un expert sur un forum français spécialisé résume parfaitement ce dilemme, en soulignant le risque de s’enfermer dans une impasse :

Le mythe du Mark VI crée souvent une impasse pour les musiciens : ils cherchent à imiter un son né d’une ergonomie difficile au lieu de créer leur propre identité sonore avec un instrument moderne

– Expert du forum Saxofan, Discussion sur les saxophones vintage

L’approche la plus saine est de considérer l’instrument pour ce qu’il est : un outil. Un bon saxophone moderne, bien réglé et associé à un setup qui vous convient, vous offrira une toile vierge bien plus vaste pour développer votre propre voix. Vous passerez moins de temps à compenser les défauts de l’instrument et plus de temps à faire de la musique. La signature sonore vient de vous, pas du métal. Un grand musicien sonnera toujours comme lui-même, qu’il joue sur un Mark VI de 1958 ou un Yamaha flambant neuf.

Comment débuter l’improvisation jazz quand on vient d’une formation classique rigide ?

Pour un musicien formé au conservatoire, l’improvisation jazz peut ressembler à un saut dans le vide sans parachute. Habitué à la précision de la partition, à la « bonne » note et au respect du texte, l’idée de jouer sans filet est terrifiante. Le plus grand obstacle n’est pas technique, mais psychologique : c’est le syndrome de la « fausse note ». La peur de se tromper paralyse la créativité. La première étape est donc une déprogrammation mentale.

Il faut apprendre à redéfinir l’erreur. En jazz, une « fausse note » n’est qu’une note inattendue, une tension qui peut être résolue de manière créative. C’est un point de départ, pas une fin. Pour se libérer de cette peur, il faut commencer petit. Oubliez les grilles complexes de « Giant Steps ». Prenez un seul accord, un accord de mineur 7 par exemple (Cm7), et explorez-le. Jouez les notes de l’accord, les notes de la gamme correspondante (Do mineur dorien), puis osez jouer des notes qui n’en font pas partie. Écoutez comment elles sonnent, comment elles créent des tensions. Faites-le pendant des jours, jusqu’à ce que l’accord devienne un terrain de jeu familier.

Saxophoniste passant de la lecture stricte de partition à l'improvisation libre

Au lieu de vous lancer directement sur des standards américains, commencez par des mélodies que vous connaissez par cœur, comme des chansons françaises simples de Brassens ou Gainsbourg. Leurs structures harmoniques sont souvent plus simples et la mélodie est tellement ancrée dans votre oreille que vous pourrez plus facilement vous en détacher pour broder autour. C’est un moyen de connecter l’improvisation à quelque chose de personnel et de concret, plutôt qu’à un exercice théorique abstrait.

Votre plan de déprogrammation du syndrome du conservatoire

  1. Acceptation : Jouez volontairement des « fausses notes » pendant 5 minutes par jour. Le but est de désacraliser l’erreur et de neutraliser la peur.
  2. Exploration : Choisissez un seul accord (par exemple, Dm7) et improvisez dessus pendant deux semaines complètes, sans jamais changer. L’objectif est d’épuiser les possibilités et de forcer la créativité dans un cadre restreint.
  3. Application : Prenez une chanson française simple que vous aimez (Brassens, Gainsbourg) et improvisez sur sa grille d’accords. La mélodie connue servira de guide et de filet de sécurité.
  4. Écoute active : Écoutez un chorus simple d’un maître (ex: Miles Davis sur « So What ») et essayez de le rechanter, puis de le jouer. Concentrez-vous sur le rythme et l’espace, pas seulement sur les notes.
  5. Enregistrement : Enregistrez-vous en train d’improviser, même si c’est seulement 30 secondes. Réécoutez-vous sans jugement, juste pour identifier une idée, une phrase qui vous plaît, et essayez de la développer.

L’exploration ne fait que commencer. Prenez votre instrument, testez une seule de ces idées aujourd’hui, et commencez à sculpter le son qui n’appartient qu’à vous.

Rédigé par Étienne Boissier, Pianiste de jazz, compositeur et pédagogue diplômé du CNSMDP avec 15 ans d'expérience. Expert en harmonie, improvisation et analyse musicale, il rend la théorie accessible aux musiciens autodidactes comme aux confirmés.